Je de Société - Elsa Levy


Je devrais tenir une rubrique pour les comédiennes qui écrivent.

Celles déjà bien établies dans la comédie (théâtrale ou médiatique) jouent à l’écrivain ; d’autres, qui jouent pour le plaisir du jeu, écrivent plus franchement, et leurs voix se font entendre, même sur papier.

Jeudi prochain, j’irai écouter une comédienne incarner la voix du « Je de société », le livre d’Elsa Levy, comédienne. Ce livre raconte et mets en scène le parcours précaire d’une comédienne en mal de rôle ; dindon féminin d’une farce dont l’auteur est nulle part mais le rire partout. Farce des petits boulots. Farce des cours de théâtre donnés par le passionné-fauché-frustré de la rue d’à côté. Farce des joyeux lurons du monde du travail, portant un masque de sérieux qui ne trompe personne : ce sont eux qui rient encore le mieux puisqu’ils rient les derniers !

Le jeu est addictif et destructeur - à moins d’apprendre à s’en jouer, à troquer le masque de comédienne pour celui d’écrivain, prêt à rire de tout, et surtout prêt à tendre un miroir supplémentaire à ces narcisses déséspérés qui font l’intermittence.

Quand la comédienne dira ce texte, comment trouvera-t-elle le ton de sincérité au milieu de ces bonds d’ironie ? Sera-t-elle écrivain ou comédienne ? Comment entrera-t-elle en contact avec nous, le public, qui faisons société autour de son « je » et de ces questions ?

Elsa Levy n’a pas sa plume dans sa poche. Elle écrit vite, avec très peu de mots. L’humeur est là, le mouvement l’emporte. On ne sait où, mais je m’en moque, j’irai faire l’expérience en écoutant ce texte qui sortira d’une autre bouche que celle de mon cerveau.

Le site d’Elsa Levy